Biographie

Je suis né le 31 Octobre 1970 à Toulouse. Eh oui ! J’écris ma biographie, car je pense être le mieux placé pour le faire.  Mais avant tout, même si vous connaissez ma date de naissance, écrire sa vie est un travail sur soi-même et sur son soi-intérieur. Ce n’est pas facile, car c’est regarder et analyser le passé pour représenter la bande dessinée de sa vie. Mais, comme dans toute analyse, est-ce que je dois faire ressortir le bon et le mauvais, ou alors les leçons apprises de mes expériences ? Selon moi, les 2 sont nécessaires, mais ce qui est le plus important est d’identifier les conclusions de mes expériences.

Donc, 1 an ½ après ma naissance, mes parents sont décédés. D'abord ma mère d’un accident de mobylette puis 1 mois après, mon père d’une embolie cérébrale. Peut-être que le 1er a contribué au second ? A cet âge, je n’ai pas le souvenir d’avoir ressenti des changements. Une décision fut prise en conseil de famille pour que notre grand-mère nous élève. Trois générations faisait la différence entre nous. Elle était née en 1905. A cette époque, une de nos demi-sœurs souhaitait nous adopter. Mais, suite à cette réunion, le désarroi de notre grand-mère qui venait de perdre sa fille a pris le dessus sur le souhait de notre demi-sœur.

C’est vers l’âge de 10 ans ou j’ai commencé à ressentir des différences avec les enfants de mon âge, au niveau vestimentaire et communicatif. A l’âge de 14 ans, je n’avais pas les mêmes privilèges que mes copains et je ne pouvais pas exprimer mes souhaits culturels et sportifs. Un an après, je commençais à exprimer mes motivations et exigences, mais ne pouvant avoir de discussions avec ma grand-mère qui refusait le dialogue, je profitais des rares moments chez les parents de mes amis pour participer aux discussions. Un soir, je venais d’avoir 16 ans, alors que je rentrais à la maison et je réfléchissais à ma vie actuelle et à ma vie future en vagabondant dans les rues. Je me suis arrêté sur un banc près de La Save et j'ai pris la décision de gérer ma vie.

J’étais en seconde, et j’avais quelques mois pour choisir mon futur professionnel et personnel. J’avais le choix de continuer mes études et donc de rester dans ce cadre ou de trouver un travail rapidement après ma majorité. La décision fut trouvée et j’intégrais l’année suivante une école professionnelle.

Après 2 ans, un diplôme conducteur routier et logisticien en poche, j'ai intégré une entreprise de la région toulousaine en tant que chauffeur poids-lourds. A 18 ans, je sillonnais la France avec quelques excursions en Europe et un an après, la femme qui partageait ma vie depuis 4 ans a mis au monde notre premier enfant. La vie battait son plein. J’ai changé trois fois d’employeur, un enfant, un chien, deux perruches et quelques disputes étaient notre vie. Puis l’arrivée d’un second enfant, 4 ans après le premier, nous a permis de sortir des coutumes et de la régularité.

Il n’avait que 4 mois, lorsque ce véhicule C15 qui circulait à gauche dans ce virage est venu interrompre la trajectoire de ma moto avant que j’atteigne le club de karaté. Cet événement perturbateur est venu arrêter ma vie normale en stoppant mes objectifs, si petits étaient-ils. Un changement radical dans ma vie sans embrouille.

Un an d’hôpital et un an de fauteuil roulant ont changé ma vision de la vie et surtout de Ma vie. Je venais de réussir la plus longue et dure construction à réaliser, la mienne. Et, je n’en suis qu’aux prémices, car c’est et ce sera pour la vie. J’ai appris qu’il ne fallait jamais rester sur ses acquis et que nous avions le devoir pour nous même d’avancer car nous ne saurons jamais de quoi sera faite la minute, l’heure et le jour qui suit. Alors, il est normal de penser à l’avenir, mais profitons surtout du moment qui nous est proposé et que nous avons créé. Car chacun est maître de son propre destin s’il le souhaite.

Avant cet accident je profitais pleinement de la vie avec mes enfants, surtout l’ainé que j’emmenais partout. Il a été énormément touché par ce bouleversement et ils ont été la source de ma récupération psychologique et médicale. J’avais également un chien, un berger allemand qui faisait pleinement partie de ma vie, et qui s’est laissé mourir lorsque j'étais à l'hôpital parce que j’étais du jour au lendemain absent, il a eu un sentiment d’abandon énorme.

Ne pouvant plus être chauffeur poids-lourds, j’ai du m’orienter vers un travail de bureau et le premier qui me soit venu à l’esprit est celui de comptable. J’ai donc entrepris tout d’abord des cours par correspondance pour obtenir un niveau adéquat. Puis, pour me permettre de me déplacer jusqu’à l’école professionnelle qui avait accepté ma candidature, j’ai acheté un véhicule et je l’ai fait adapter à mon handicap. De plus, étant devenu handicapé, j’ai du suivre des cours de conduite automobile avec un véhicule aménagé et passer des tests avec un inspecteur. Après avoir conduit toutes sortes de véhicules légers et lourds en France et en Europe, je devais apprendre à conduire de nouveau.

J’ai suivi une formation dans une école de reclassement professionnel qui proposait le BEP et le BAC Professionnel de Comptabilité-Gestion en un an pour chaque diplôme. Ayant obtenu les diplômes, j’ai continué en BTS Comptabilité-Gestion dans une université Toulousaine. Cette formation m’a amené à rencontrer de nouvelles personnes et à créer de nouveaux contacts qui me permettaient de proposer de nouveaux objectifs à ma vie.

Je travaillais comme comptable dans un cabinet toulousain et cela m’a permis de créer mon entreprise d’Analyste Comptable et Financier. Ma nouvelle compagne que j'ai rencontrée quelques années après mon divorce travaillait dans les relations internationales. Ses déplacements à Bordeaux puis Paris m'ont permis de trouver de nouveaux clients, car je l'accompagnais pour étendre mon activité. Cette décision avait été prise en sachant que je laissais mes enfants, mais je savais que je pourrai les voir régulièrement.

Une rencontre peut changer une vie, et c’est à nous de décider et surtout de choisir quel chemin nous devons prendre, car, nous avons pu rencontrer cette personne parce que nous avons fait un choix précédemment qui nous a amené en ce lieu. Les choix que nous faisons gèrent notre vie, et nous sommes les garants de notre volonté.

J’ai pu continuer de travailler à distance depuis Paris. Le travail de mon amie nous a permis de nous déplacer en Suisse. Ne pouvant trouver de nouveaux clients, j’ai fermé mon entreprise. Quatre mois de recherche et j’intégrais le domaine humanitaire avec MSF International, en tant qu’administrateur. J’ai travaillé 6 mois à Bruxelles pour effectuer la liquidation du bureau international que j’ai transféré à Suisse, à Genève. J’avais pénétré un domaine qui m’était inconnu, mais avec lequel je retrouvais mes objectifs de vie. Nous avons réalisé l’achat d’un Chalet en Haute-Savoie entre Genève et Annecy. Nous avons beaucoup voyagé en France, en Europe et également aux Etats-Unis, au Canada, au Mexique et en Thaïlande.

Voulant évoluer, et changer de travail, j’ai suivi des cours de Management des Programmes Humanitaires à Liverpool, en Master. Je suis parti ensuite au Niger pour une association française et pour mettre en pratique mes acquis. Suite à cela, en rentrant en France, et ne trouvant pas de travail avec tous les diplômes correspondant à la demande, j’ai commencé l’écriture de mon manuscrit. Cela est dû à une sensation d’abandon, car je venais de perdre tous les procès que j’intentais pour faire valoir mes droits concernant mon accident. Même avec un avocat reconnu, je n’ai pu obtenir gain de cause lors de mes révisions en cours de cassation. Ensuite, les procédures m’ont amenées jusqu’au Conseil d’Etat sans succès.

Cet exercice d’écriture a été une thérapie personnelle, puisque je devais revivre les années difficiles du passé et les mettre sur papier. Le fait de les extérioriser, m’a permis de m’apercevoir qu’on ne devait pas garder en soi des malaises qui nous rongent de l’intérieur. Nous devons les extérioriser, et ce fut ma méthode.

La vie nous a transportés au Panama, un premier travail dans une entreprise de reforestation pour réaliser une étude sur les stratégies financières de l’entreprise en tant que Consultant pour 3 mois. Puis un contrat à l’Ambassade de France pour travailler au Consulat au service des Visas. Puis, j’ai accepté de partir en Haïti avec l’Unicef en tant que « Administrative Manager ». Une semaine plus tard, j’étais à Port-au-Prince pour trois mois de gestion administrative en pleine période de reconstruction post-tremblement de terre.

Quelques voyages en Colombie, au Mexique, en Equateur et au Panama pour découvrir un peu la région et également des passages en France pour être avec mes enfants. De retour au Panama, j’intégrais l’école française en tant que Professeur de Français. Etant, depuis maintenant quelques années consultant, je suis à la recherche d’un nouvel emploi, qui peut me transporter à l’autre bout de la planète, m’apportera un enrichissement et me permettra de découvrir des personnes de cultures différentes.

Mais attention, tout peut s’arrêter demain, simplement en traversant la rue. Alors profitons du moment présent.

Pascal Pique